Le projet
La Traversée de la nuit est le récit de l’enfermement d’une jeune femme au cachot, à Ravensbrück, pendant l’hiver 1944.
Geneviève de Gaulle Anthonioz a attendu plus de cinquante ans pour livrer, par écrit, sa douloureuse expérience. Cette épreuve vécue pendant la dernière guerre ne peut que résonner comme en écho d’une actualité qui comporte, à beaucoup d’égards, de troublantes similitudes.
Édité en novembre 1998 aux éditions du Seuil, ce texte, d’une grande intensité, est un récit dont chaque mot touche le lecteur en plein cœur. Sans aucune haine, avec espoir, compassion et pudeur, Geneviève de Gaulle Anthonioz raconte sa déportation, ses mois passés dans l’obscurité d’un bunker.
Le choix de monter ce texte au théâtre a pour but, non seulement de le faire entendre, mais aussi d’immerger le spectateur dans cette traversée. La direction d'acteur s'appuie, en partie, sur la codification du Nô japonais. L'acteur livre le texte, au sein d'un dispositif scénique composé de projections (films, infographie, morphing...), et d’effets sonores (musique, utilisation d'un micro H.F.) qui fonctionnent en interaction avec le jeu des acteurs. L'écran offre ainsi un espace métaphorique de l’univers mental du personnage, magma d'images et de sons sans cesse en mouvement.
Au lendemain de la disparition de Geneviève de Gaulle Anthonioz, porter ce texte à la scène sera aussi une façon de lui rendre hommage.